Déstigmatiser la Polyarthrite Rhumatoïde

Article rédigé par le Dr. Pauline Martinot – Imhotep

Qu’est-ce que la Polyarthrite Rhumatoïde ?

On l’appelle Polyarthrite Rhumatoïde (PR) puisque c’est une inflammation (« -ite ») de plusieurs (« Poly ») articulations (« Arthr »), soit au même moment d’un seul coup (on parle de « poussée ») soit à différents moments de la vie. Plein de causes différentes peuvent déclencher des polyarthrites. On parle de Polyarthrite « Rhumatoïde », lorsque certains anticorps sont responsables de ces inflammations des articulations : ce sont principalement les facteurs rhumatoïdes (FR) et les auto-anticorps anti-protéines citrullinées (ACPA).

De nombreuses personnes sont atteintes de cette pathologie chronique : elle est le plus fréquent des rhumatismes inflammatoires chroniques (c’est-à-dire, la plus fréquente cause des inflammations régulières « chroniques » des articulations). Elle touche environ 0,6 % des adultes.

La PR peut survenir à tout âge de la vie, mais débute souvent autour de l’âge de 50 ans (elle touche parfois les plus jeunes avant 16 ans, et peut se déclencher plus tard à partir de 65 ans). La PR est 3x plus fréquente chez les femmes avant 60 ans. Au-delà, elle touche autant les hommes que les femmes.
C’est une maladie qui a une petite composante génétique, elle atteint plusieurs personnes de la même famille, en général, 2 à 4 % (ce qui signifie que plus de 95% des membres de la famille au 1er degré sont indemnes de la maladie).

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Comment être sûr du diagnostic de la Polyarthrite Rhumatoïde ?

Votre médecin rhumatologue est spécialiste de cette maladie qu’il a étudiée tout au long de ses études. Pour bien identifier une PR, et s’assurer qu’elle est bien distincte de nombreuses autres maladies qui lui ressemblent mais sont plus rares, on déclenche tout une gamme d’examens précis pour accumuler toutes les preuves de la PR.

Dans 75% des cas, les patients qui ont une PR présentent depuis plus de 6 semaines :
· Des douleurs aux articulations qui sont « inflammatoires » (c’est-à-dire qu’elles réveillent en fin de nuit vers 4h du matin et les articulations sont raides dès le lever, pendant > 30 minutes)
· Une atteinte localisée aux poignets, à la base des doigts et entre les phalanges proches du poignet, mais aussi aux chevilles et aux bases des orteils. Il n’y a pas d’atteinte des articulations des bouts de doigts ni des orteils.
· Il y a parfois un gonflement articulaire (surtout quand il y a une synovite ou un épanchement liquidien intra-articulaire)
· Il y a parfois aussi des « ténosynovites », c’est-à-dire, des inflammations des tendons

Dans 25% des cas, les patients qui ont une PR ne présentent pas les signes typiques ci-dessus, mais d’autres formes de PR qui donnent :
· Une forme « rhizomélique », concernant principalement les hanches et les épaules, le plus souvent après 65 ans.
· Une forme « monoarticulaire », une seule articulation est touchée.
· Une forme « palindromique », avec des poussées inflammatoires soit pour une articulation soit sur plusieurs articulations en même temps, qui récidivent, et régressent en 2 à 3 jours, sans séquelle.
· Une forme polyarticulaire aiguë fébrile (c’est-à-dire avec fièvre), avec une grosse fatigue générale.
· Une forme arthralgique, avec des douleurs d’articulations mais sans gonflement d’articulations.

Pour affiner le diagnostic, le médecin fait alors des examens biologiques et radiographiques.
· En biologie, on cherche à voir si la « vitesse sédimentaire » et la « CRP » (deux marqueurs de l’inflammation) sont élevés, et si on retrouve les anticorps liés à la PR (Le FR et les ANCA).
· En imagerie médicale, on cherche soit des érosions de l’os, soit des absences de cartilage (les « pincement osseux ») sur des radiographies des articulations.

Une fois qu’on a toutes les preuves qu’on a une PR, qu’on a validé le diagnostic de PR, on suit l’évolution de la maladie grâce au DAS28 (Disease Activity Score 28) et le Health Assessment Questionnaire (HAQ) validé au niveau international. Il permet aux médecins d’adapter les meilleurs traitements à l’évolution de votre maladie.

Les messages importants autour de la déstigmatisation de la Polyarthrite Rhumatoïde

1. Une prise en charge le plus vite possible, avec un Médecin-Rhumatologue en qui vous avez confiance, en coordination avec votre médecin traitant, vous permettra d’empêcher le plus tôt possible la maladie de progresser et de préserver vos articulations, et éviter les douleurs.

2. Les poussées peuvent être craintes et déclencher de l’anxiété, du stress. Vous avez tout en main pour prendre le contrôle sur votre vie et dépasser la maladie, vous permettre de prendre soin de vous, de profiter de la vie dès que vous en avez l’occasion.

3. Les solutions ?
Tout ce qui vous permettra de vous sentir bien dans votre vie et bien dans votre corps vous sera bénéfique pour votre PR : Nourrissez vous avec des produits que vous aimez, qui sont bons pour votre corps (on prend les aliments NOVA 1 et 2, et Nutriscore A, B, C à fond), dépensez-vous, faites des sports que vous aimez, apportez-vous de la douceur (yoga, méditation, musique, même du chocolat !!). Prenez soin de votre sommeil : des horaires réguliers en semaine et pendant le weekend, un réveil dynamique (dès que le réveil sonne), manger moins de sucre le soir, éviter les excitants. Regardez tout ce qui est positif dans vos journées, et notez-les de manière visible dans votre habitation. Soyez bienveillant avec vous.

Avec le soutien institutionnel des Laboratoires Pfizer

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